Habituellement, une hausse des taux d’intérêt dictée par la Banque du Canada n’augure rien de bon pour le marché de l’habitation. Mais cette fois, le portrait est différent. L’immobilier résidentiel au Québec affiche une telle vigueur que la remontée du loyer de l’argent aura peu, voire pas, d’impact à court terme, selon deux spécialistes à qui La Presse a parlé.

« La hausse des taux devrait avoir somme toute un effet minime, estime Dominic St-Pierre, directeur principal pour la région du Québec chez Royal LePage. Si la Banque du Canada a décidé d’augmenter les taux, c’est que la vigueur de l’économie va bien, comme à Montréal. Le marché est capable de soutenir cette hausse-là. »

L’agence immobilière a publié ce matin son Étude sur le prix des maisons. Dans l’ensemble de la région montréalaise, le prix des maisons a connu une hausse de 6,2 % en rythme annuel au deuxième trimestre 2017. Pour le secteur central de la région de Montréal, la hausse approche les 10 %. Royal LePage maintient ses prévisions de l’année, soit une hausse de prix de 5 % et une croissance du volume de transactions de 6,5 %.

Si contrecoup il y a, il frappera dans un premier temps les premiers acheteurs et les détenteurs de prêt à taux variables et de marges de crédit personnelles. Pour les emprunts à taux fixe, l’incidence se produira lors du renouvellement de l’emprunt hypothécaire, soutient le Mouvement Desjardins, dans une mise à jour du marché de l’habitation parue à la mi-juin, laquelle anticipait une première hausse des taux directeurs au Canada en juillet.

« Avec le marché du travail très dynamique, un taux de chômage qui a chuté à 6 % en mai, la confiance des ménages qui est revenue à un niveau inespéré, le marché de l’habitation est en mode reprise depuis un an ou deux, observe Hélène Bégin, économiste principale chez Desjardins. On a établi que même si les taux hypothécaires augmentent graduellement, leur impact ne sera pas assez fort pour mettre le marché à terre. »

L’indice de confiance des ménages du Conference Board du Canada a en effet rejoint son niveau d’avant la récession de 2008-2009.

Desjardins prévoit toutefois que si les hausses devaient se succéder à l’avenir, les effets sur le marché résidentiel seraient graduels et commenceraient à se faire sentir l’an prochain.

Source: Lapresse+, publié le 13 juillet 2017

Par Nicolas Pentassuglia