La frénésie immobilière touche l’ouest de Montréal et certains des plus beaux centres de villégiature du Québec, qui connaissent des hausses de prix spectaculaires dépassant même les 20 % en rythme annuel.

Dans son bilan du premier semestre 2017, la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) nomme cinq villes qui connaissent des hausses du prix des maisons de 20 % et plus et une dizaine d’autres pour lesquelles le prix des maisons varie entre 15 et 19 % en un an.

L’inflation touche surtout les centres de villégiature ainsi que les arrondissements et les villes de l’ouest de l’île de Montréal. Ceux-ci affichent les plus belles croissances tant du côté des prix que du volume de transactions sur le marché de la revente jusqu’à maintenant en 2017.

Avec le resserrement des règles hypothécaires décrété par le gouvernement fédéral, les experts s’attendaient à un ralentissement de l’activité en 2017. Or, c’est tout le contraire qui s’est produit.

L’activité des acheteurs expérimentés a plus que compensé la timidité attendue de la part des premiers acheteurs, observe la FCIQ. Les accédants à la propriété sont le plus directement touchés par les règles de financement plus sévères.

Depuis le début de l’année, la demande de logements au Québec est nourrie par la bonne performance de l’emploi, l’augmentation du solde migratoire, le niveau élevé de confiance des ménages et les taux hypothécaires bon marché, malgré leur récente remontée.

« Les deuxièmes et troisièmes acheteurs peuvent revendre leur propriété actuelle à des conditions avantageuses », indique la Fédération, dans une récente publication. Avec cet argent, ils peuvent monter en gamme en achetant des résidences plus luxueuses soit comme résidence principale, soit comme résidence secondaire.

La FCIQ souligne que la gamme des maisons unifamiliales de 500 000 $ et plus connaît un bel élan en 2017. Les reventes ont en effet augmenté de 20 % en un an dans ce créneau de prix. C’est le cas dans les régions de Gatineau (+ 40 %), Sherbrooke (+ 26 %) et Montréal (+ 22 %).

« De plus, les secteurs où l’on retrouve une part importante de propriétés de villégiature tirent bien leur épingle du jeu à ce chapitre, écrit l’organisme chapeautant les chambres immobilières de la province. Les ventes d’unifamiliales à 500 000 $ ou plus sont en hausse dans les agglomérations de Saint-Sauveur (+ 16 %), Mont-Tremblant (+ 58 %), Granby/Bromont (+ 65 %), Sainte-Adèle (+ 94 %), Magog (24 par rapport à 17) et Sainte-Agathe-des-Monts (24 par rapport à 21). »

Tremblant

Le cas de Tremblant est singulier. Le dernier sommet du cycle, datant de 2003, est survenu plus tôt qu’ailleurs au Québec. Depuis, le marché de Tremblant a glissé au point de devenir favorable aux acheteurs. Même s’il penche encore de leur côté, le marché a clairement pris de la vigueur cette année.

Le nombre de transactions a crû de 27 %, à 193 reventes, après 6 mois en 2017 par rapport à la période correspondante en 2016. Le prix des maisons a crû quasiment dans les mêmes proportions, avec un bond du prix médian de 23 % au premier semestre 2017.

L’Île-des-Sœurs

Les secteurs situés dans la partie ouest de l’île de Montréal sont en évidence au palmarès des marchés qui se distinguent en 2017. L’arrondissement de Verdun, qui englobe L’Île-des-Sœurs, affiche la plus forte hausse du prix médian des maisons parmi les villes de la province, avec une inflation de 26 %. L’influence chinoise y est sans doute pour quelque chose.

« Les Asiatiques achètent à L’Île-des-Sœurs parce que c’est du neuf, dit la courtière Marie-Yvonne Paint, de l’agence Royal LePage Westmount, spécialiste des propriétés de luxe. Ils achètent soit du neuf, soit des maisons entièrement rénovées. Ils n’aiment pas le vieux. »

Les Chinois accentuent leur présence à Montréal depuis l’imposition d’une taxe de 15 % sur les achats immobiliers effectués par des non-résidents à Vancouver, en août 2016. Toronto a emboîté le pas en avril 2017. L’introduction de vols aériens directs Montréal-Pékin et Montréal-Shanghai a peut-être aussi favorisé le phénomène.

Avec des hausses variant de 15 à 19 %, Beaconsfield, l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, Kirkland, Westmount, Hudson et Dorval apparaissent dans le top 15 des villes et arrondissements québécois affichant les plus fortes augmentations de prix en 2017.

Source: lapresse+, publié le 08 aout 2017

Par Nicolas Pentassuglia