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La vigueur de l’emploi à Montréal pousse vers le haut le prix des propriétés. Certains facteurs pourraient toutefois ralentir un peu le marché.

Dans l’unifamiliale seulement, les prix ont grimpé de 5 % au cours des douze derniers mois et les ventes, de 5 % également, selon Joanie Fontaine, économiste chez JLR Solutions foncières. « C’est davantage que l’inflation qui est d’environ 2 %. Et c’est aussi supérieur aux augmentations des dernières années qui se situaient autour de 1 ou 2 %. »

Cette reprise se constate aussi dans le secteur des copropriétés. « En 2014-2015, il y avait un surplus de condos. Les ventes et les prix stagnaient. Mais le marché a rebondi en 2016 et c’est encore plus fort cette année. » Pour les douze derniers mois, le prix des copropriétés a augmenté de 3 % et les ventes de 6 %.

Le segment des propriétés de luxe, pour sa part, est sur une bonne lancée depuis plusieurs années. De 2011 à 2016, la croissance du prix médian de ces habitations dans la région métropolitaine de recensement de Montréal a été de 20 % pour atteindre 950 000 $. En comparaison, le prix médian d’une unifamiliale est de 300 000 $.

Joanie Fontaine brossera le portrait du marché de l’habitation du grand Montréal lors d’un webinaire présenté gracieusement le 19 septembre par les Événements Les Affaires.

Employés cherchent maisons

Pour l’économiste, la bonne tenue de l’emploi est le principal facteur de la hausse du marché immobilier. « Le taux de chômage figure parmi les plus bas jamais enregistrés. Plus de gens peuvent donc se permettre d’acquérir une propriété. La population en général est aussi plus en confiance, ce qui favorise l’achat immobilier. »

La performance de l’emploi a même permis d’éviter le ralentissement qu’auraient pu provoquer les nouvelles règles de financement hypothécaire d’octobre 2016. « L’impact négatif que plusieurs craignaient n’a pas eu lieu, dit Joanie Fontaine. On peut penser que la hausse suscitée par un marché de l’emploi favorable a compensé la diminution causée par les resserrements hypothécaires. En fait, s’il n’y avait pas eu ce changement des règles, le marché immobilier aurait probablement été encore plus vigoureux. »

Elle estime que tant que l’emploi ira bien, le marché immobilier devrait conserver son tonus. Toutefois, certains facteurs pourraient changer la donne. Les négociations pour la modernisation de l’ALENA, par exemple. « Si ça se passe mal, il pourrait y avoir des conséquences sur l’emploi. Il faut surveiller aussi les taux d’intérêt. Il y a eu deux hausses depuis juillet et ce ne serait pas étonnant qu’il y en ait d’autres prochainement. Pour l’instant, l’augmentation est peu élevée, mais si les hausses se poursuivent, cela réduira le bassin d’acheteurs. »

En revanche, l’arrivée annoncée du Réseau électrique métropolitain (REM) aura pour effet d’augmenter la demande et les prix dans les secteurs à proximité d’une station.

Source: LesAffaires.com, publié le 11 septembre 2017

Par Nicolas Pentassuglia